Corporation des thanatologues du Québec

Des questions?

Pourquoi choisit-on d’exposer le corps du défunt

Autrefois, les personnes veillaient le corps du défunt dans sa chambre ou encore dans le salon familial. En ville, l’espace était restreint et les maisons avaient plusieurs étages. Cette pratique devenait donc plus difficile. Ainsi sont nées les entreprises funéraires qui offrent un lieu pour vivre les rituels funéraires.

Plusieurs individus perçoivent les rituels funéraires comme une perte d’énergie et d’argent. Ils associent à ceux-ci peine et désagréments et tentent alors de les escamoter. Or, une trop grande réduction ou simplification des rites entraîne souvent des conséquences fâcheuses pour les personnes endeuillées.

En effet, les psychologues s’entendent pour dire que l’exposition du corps est bénéfique pour le processus de deuil. La vue du défunt dans une salle d’exposition, si pénible soit-elle, facilite la progression du deuil pour plusieurs raisons.

  • La vue de la personne décédée aide à reconnaître la réalité de la mort et facilite le détachement ultérieur. En effet, la personne qui passe quelque temps en présence du défunt a plus de facilité à prendre conscience de la perte et à intégrer son caractère définitif : l’être cher n’est plus.
  • Le rituel d’exposition favorise l’expression des émotions.
  • La vue du défunt permet de laisser en mémoire une image apaisante de celui-ci.
  • L’exposition offre un temps et un lieu pour recevoir les témoignages d’amour et de soutien des proches. Ceux-ci consolent et atténuent le sentiment de solitude.
  • L’exposition permet de faire des adieux personnalisés.
  • La visite au salon et la vue du défunt favorisent l’émergence de souvenirs.

Ainsi, le rituel d’exposition du défunt est associé à plusieurs bienfaits pour la personne endeuillée. Plutôt que de rendre la mort plus difficile, comme plusieurs le craignent, l’exposition atténue la souffrance du deuil. D’ailleurs, plusieurs personnes qui n’ont pas revu le défunt regrettent leur décision. Parallèlement, d’autres disent ressentir un sentiment de paix lorsqu’elles se sont occupées du défunt et que les rituels significatifs ont lieu.

Soit dit en passant, le choix d’une crémation n’exclut pas pour autant le rituel d’exposition de la dépouille. Tant la crémation que l’inhumation peuvent être précédées d’une période d’exposition, même s’il ne s’agit que de quelques heures. Dans certaines circonstances, l’exposition peut ne pas se faire en présence du corps de la personne décédée. Un rituel en présence du corps de la personne décédée. Un rituel en présence des cendres et d’un montage photos constitue alors une solution de rechange intéressante.

Texte tiré du livre Le milieu funéraire démystifié de Josée Jacques, psychologue.
Collection Guides pratiques aux éditions Quebecor. (p55 à 57)